La HAAC, le canon braqué contre la presse libre

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La HAAC, le canon braqué contre la presse libre

Je ne suis pas de ceux qui, habituellement proposent de supprimer les institutions qui posent problème dans leur existence et essence mêmes. Pourtant, je suis obligé de constater que parmi les maux qui minent notre démocratie, il y a bien un problème HAAC. Ce matin du jeudi 24 mai 2018, la chambre administrative de la Cour suprême a évoqué et mis en délibéré l’affaire Le béninois Libéré (MM. TAKOU et TCHIAKPE) contre la HAAC. Les représentants de la HAAC avaient du mal à préciser le texte qui donne compétence à l’institution de prendre des sanctions aussi graves que l’interdiction d’exercer à vie. En toute logique, les sanctions seront sanctionnées…

Il me semble que la HAAC n’a pas une idée juste et claire de sa mission de régulation qui l’a transformée en canon braqué contre la presse, surtout la presse qui ne chante pas les louanges du pouvoir. On pouvait penser que cette institution était en mission pour le Président YAYI Boni comme on peut penser aujourd’hui qu’elle l’est pour le pouvoir TALON. Je pense qu’il faut aller au-délà de l’indignation quoique légitime mais circonstancielle pour constater que la HAAC pose un problème existentiel et structurel pour notre démocratie chèrement acquise. Ce qui doit nous amener à poser clairement et sérieusement la question de la suppression, surtout après la décision unilatérale du Président de la HAAC se suspendre La Nouvelle Tribune. La HAAC supprimée, les auteurs d’infractions de presse répondront directement devant les juridictions compétentes. Le mal-HAAC, le malaise HAAC, la HAAC-Hache seront ainsi composés au passé.

En écoutant le Président de la HAAC, j’ai eu la nette impression qu’il a agi en attendant ou en espérant que la plénière de la HAAC lève la sanction infligée à La Nouvelle Tribune, l’un des rarissimes espaces de liberté non contrôlés par le pouvoir. La Nouvelle Tribune et son promoteur ont le courage et la dignité de refuser de chanter les louanges du pouvoir. Tous les Béninois ne peuvent pas aller à la rivière. La démocratie est un régime de libertés.

Socialement, politiquement, juridiquement et judiciairement, la décision de suspension de La Nouvelle Tribune sera combattue.

Courage à Vincent FOLY.
Longue vie à La Nouvelle Tribune.

Ibrahim David SALAMI
Agrégé des facultés de droit
Professeur Titulaire des universités

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