Réaction de quelques députés après la décision de la HAAC

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Réaction de quelques députés après la décision de la HAAC

Louis Vlavonou (BMP)

« …Je prends acte de la décision de la HAAC tout en regrettant qu’on ait eu besoin d’aller à cette extrémité… »
« …A chaud, je dirais simplement que nous sommes dans un pays de droit et je fais confiance autant à la justice qu’aux autres institutions constitutionnelles de la République. Je respecte et je prends acte de la décision de la Haac tout en regrettant qu’on ait eu besoin d’aller à cette extrémité. Toutefois, il y a des voies de recours, et celui qui se sent lésé peut les saisir. Restons chacun dans le couloir que nous confère la loi, et tout ira bien pour le meilleur du monde… »

Député Nourénou Atchadé (Opposition)

« …Je sais que personne, ni le Chef de l’Etat, ni le gouvernement n’a demandé de prendre la décision. C’est le zèle des gens qui veulent tout faire pour plaire à quelqu’un… ».

-Quelles sont vos impressions suite à la décision de la Haac de suspendre le journal La Nouvelle Tribune ?
« …C’est une désolation. Nous avons eu l’information à travers les réseaux sociaux, et ça s’est confirmé. C’est une désolation parce que vous n’êtes pas sans savoir que tout récemment, dans le classement de Reporters Sans Frontière, nous avons fait un grand bond en arrière. Ceci a suscité un tollé général, et si on prend encore des mesures conservatoires en suspendant sans délai un journal, c’est une mauvaise chose. Lorsque des juristes interprètent cette décision et qu’elle est sans fondement, ne respecte pas le droit, je crois que ça devient du totalitarisme. Ça devient ce que moi je qualifie de bâillonnement de la presse, et je ne souhaiterais pas que nous vivions ça dans notre pays. Actuellement, de notre position de parti d’opposition, nous avons énormément de difficultés à communiquer dans le pays. Les télévisions sont bâillonnées. Il n’y a aucune chaine de télévision aujourd’hui dans le pays qui puisse relayer l’opposition. Les quelques journaux qui peuvent parler aussi bien de l’opposition que de la mouvance sont en train d’être fermés. C’est une mauvaise chose pour notre démocratie. Ce que la presse béninoise vit avec cette mandature de la Haac est déplorable. Je sais que personne n’a demandé de prendre cette décision. Ni le Chef de l’Etat, ni le gouvernement n’a demandé de prendre la décision. C’est le zèle des gens qui veulent tout faire pour plaire à quelqu’un qui nous amène à tout ceci, et ils font mal à la démocratie dans notre pays… »

Est-ce qu’il y a une action en vue à votre niveau en tant que député ?
« …Il ne s’agit pas ici du gouvernement. Il s’agit de la décision d’une institution. On ne peut pas interpeller le gouvernement pour la décision qu’une autre institution a prise. Seulement, en tant que politique, je constate que la Haac est en train de bâillonner la presse béninoise. Dire que de janvier à avril, un journal a insulté le Chef de l’Etat et prendre ça comme argument n’a pas de sens. Nous avons entendu dans ce pays, l’ancien président de la République Mathieu Kérékou dire ‘’Vous êtes au chômage. On vous a formés et on n’a pas pu vous trouver de l’emploi. Vous vous débrouillez à travers les journaux. S’il vous faut m’insulter pour vendre, insultez-moi’’. Pourquoi aujourd’hui, va-t-on dire, parce qu’on a parlé du président Patrice Talon, on va fermer un journal et mettre des gens au chômage. On a fermé dans ce pays Sikka Tv. On a fermé d’autres journaux qui ne parlent pas le langage du pouvoir. Est-ce que c’est le président Patrice Talon qui a demandé ça ? Néanmoins le silence du gouvernement aussi nous fait croire qu’il pactise avec la Haac dans cette entreprise. Je ne finirai pas sans vous condamner vous journalistes. Que font vos organisations faîtières ? Que faites-vous pour dénoncer ce qui se passe avec la Haac ? Ce n’est pas à autrui de venir balayer votre devanture… »

Député Abdoulaye Gounou Salifou (Mouvance)

« …Je désapprouve toutes mesures attentatoires à la liberté d’expression et de presse… »
« …Je n’ai pas vu la décision de suspension pour en connaître les profondes motivations. Mais d’ores et déjà, je peux vous dire que je désapprouve toutes mesures attentatoires à la liberté d’expression et de presse. La Nouvelle Tribune fait partie des journaux sérieux au Bénin. Je ne sais pas ce qui a pu justifier une mesure aussi disproportionnée. La loi sur la répression des délits de presse ne prévoit pas une suspension illimitée d’organe de presse. Je reste interrogatif sur les motivations réelles ou supposées de la HAAC ainsi que sur le fondement juridique de sa décision… ».

Député Guy Dossou Mitokpè (Opposition)

« …La décision de suspendre le quotidien “La Nouvelle Tribune” jusqu’à nouvel ordre, rétrograde notre pays de plusieurs décennies en arrière… »

-Vous avez appris comme tout le monde la suspension du journal LA Nouvelle Tribune. Vos impressions.
« …Le Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac), à travers sa décision de suspendre le quotidien “La Nouvelle Tribune” jusqu’à nouvel ordre, rétrograde notre pays de plusieurs décennies en arrière. A travers cette décision, nous pouvons comprendre que la véritable faute de ce quotidien est son refus d’être dans la “sauce” du régime de la rupture, son refus de louanger le régime et de salir tous ceux qui dénoncent les dérives de l’actuel Gouvernement. C’est un pas de plus vers l’intimidation, mais notre peuple vaincra. Nos actuels dirigeants doivent comprendre que le développement durable ne doit pas être perçu comme un troc. Il n’est pas question ici de troquer un lendemain meilleur (pas encore visible) avec nos acquis. La liberté d’expression et de la presse constitue déjà un acquis issu des luttes de nos pères. La stratégie du régime qui consiste à ce qu’ “un mensonge répété 100 fois demeure un mensonge mais un mensonge répété un million de fois devient une vérité “, est en marche. L’objectif des stratèges du régime, dans les jours qui viennent, consistera à prouver que les responsables du journal “La Nouvelle Tribune”, sont des ‘’outrageurs’’ du Chef de l’Etat. C’est une partie de notre histoire qui s’écrit, nous tâcherons de ne pas fuir devant nos responsabilités…. »

Que comptez-vous faire en tant que député pour que de telles décisions ne surviennent ?
En tant que Député, la loi me donne les moyens d’interpeller l’exécutif à travers des questions au Gouvernement. Aussi, devons-nous continuer d’éveiller les consciences par nos prises de positions.

Propos recueillis par Karim Oscar ANONRIN

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