réforme dans le secteur pharmaceutique au Bénin : Qu’est ce qui bloque l’installation de la commissi on?

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réforme dans le secteur pharmaceutique au Bénin : Qu’est ce qui bloque l’installation de la commissi on?

Matin libre mardi,29Mai 2018

MEDIAPART BÉNIN PRIVILÈGE

Atao et les grossistes en prison, objectif atteint ? Alors que le gouvernement avait annoncé avec un certain empressement la création de la Commission de réflexion sur la réforme du secteur de la pharmacie au Bénin, il peine à installer les membres de ladite commission. Cette nonchalance cache plutôt des non-dits de la bataille engagée contre les faux médicaments depuis peu par la Rupture.

Le gouvernement de la Rupture a affiché ces derniers mois une volonté farouche de mettre fin sinon de réduire le trafic des faux médicaments au Bénin. Il a d’ailleurs institué dans ce cadre par le décret n°2018-108 du 30 mars 2018 une commission de réflexion sur ledit secteur. Un acte qui précise la composition de la Commission pharmacie. Le 20 avril 2018, le Chef de l’Etat nommera à travers l’arrêté n°2018-001/Pr/001Sgg18 tous les membres de la Commission. Selon les termes du décret, la commission devrait commencer à travailler à compter de son installation. Mais depuis, rien. Le décret n’a jamais été mis en application. Les membres de la fameuse commission que doit présider le ministre de la Justice n’ont toujours pas été installés. Une attitude plutôt curieuse du gouvernement qui pousse à s’interroger sur les motivations d’une telle paresse. Pourquoi le gouvernement déciderait-il à retarder les travaux de la commission alors qu’il a jugé urgent d’assainir un milieu presque qualifié de pourri? Pourquoi note-t-on un silence assourdissant alors que les mesures judiciaires prises ont des conséquences néfastes sur le fonctionnement des pharmacies? Il y a en effet ces derniers jours comme une pénurie de certains médicaments dans plusieurs officines de pharmacie. Ce qui reste une conséquence directe de la mise hors réseau de New Cesamex qui jouait un rôle fondamental dans l’alimentation du secteur pharmaceutique national. Par ailleurs, la nonchalance qu’étale le gouvernement à propos des activités de la commission pharmacie, montre qu’il avait simplement quelques comptes à régler. L’annonce de la création de la commission n’est peut-être que du folklore. Le vrai objectif de la bataille engagée contre les faux médicaments était certainement d’écraser les patrons des principaux distributeurs. Plusieurs «grossistes répartiteurs» ont en réalité été condamnés à de lourdes peines de prison en mars dernier. Mieux, le gouvernement a réussi pour le moment à mettre en prison le député Mohamed Atao Hinnouho qui est non seulement un acteur déterminant du secteur pharmaceutique au Bénin mais il est aussi un député de l’opposition qui ne manque pas de popularité. Pour certains observateurs, le gouvernement a déjà atteint ses grands objectifs. Ils soutiennent même que la Commission n’aura fondamentalement plus grand-chose à faire, sinon reproduire les lignes déjà dictées par le gouvernement et son Chef. C’est dire que la commission n’a pas de rôle déterminant à jouer. Et le gouvernement a bien raison de ne pas se préoccuper de l’installation de ses membres.

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